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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 09:10
Un amour de fenêtre

~~Un amour de fenêtre J’entendais le merle plus que je ne le voyais. Ses roucoulades mélodieuses ajoutaient encore à mon plaisir qui atteignait par instants des fulgurances quasi divines. Mes paupières faisaient des allers-retours et je ne pouvais voir le merle que par intermittence, perché au sommet d’un cerisier. Une douce brise parfumée me frôlait le visage appuyé sur mes mains, bien à plat sur le cadre en bois du Velux. Des bruits de gorge s’échappaient à intervalles réguliers de ma bouche, des bruits parfois plus prononcés que je maitrisais pour qu’ils ne se transforment pas en un puissant rugissement. Un vieil homme sarclait le chemin de son jardin. Je pouvais parfaitement voir son crâne luisant d’où perlaient de grosses gouttes de sueur. Plus loin, une femme en short moulant accrochait son linge, avec méthode en regarnissant régulièrement sa bouche de pinces de couleur fluorescente. Elle épingla deux culottes en voile transparent, l’une gris pâle et l’autre couleur chair. J’eus peu de peine à l’imaginer dans sa chambre, penchée pour enfiler le tissu diaphane, ses seins encore nus pointés vers un tapis moelleux. Je réprimai un mouvement de recul. Eva aspira comme une goinfre ma couille gauche. Elle la roula dans sa bouche en la massant avec une langue gourmande. Je me détendis quand sa main se saisit de mon sexe dur comme du bois pour me branler, en prenant soin, à chaque remontée de heurter la base de mon gland, aussi gonflé, aussi violet qu’une aubergine. Elle s’attaqua à l’autre couille qu’elle ne parvenait pas à saisir sans l’aide des dents, elle la coinça donc entre le pouce et l’index et l’avala comme un œuf à la coque. Si elle continuait sur cette lancée il est certain que je ne pourrais plus me retenir, obligé de lâcher une longue giclée de crème. Eva avait pris l’initiative dès l’arrivée dans la chambre et m’avait privé de lui garnir le minou de ma queue vibrante de désir. La vie est pleine de surprises, et toujours lorsqu’on s’y attend le moins. Cette réunion de marketing ressemblait à toutes les autres, sinon, excités par l’air de la campagne, certaines âmes charitables en profitèrent pour débiner sans retenue les collègues absents. Eva, la nouvelle collaboratrice recrutée pour le nord-est de la France s’était entièrement absorbée dans ses prises de notes, ou alors, avait suivi, le front plissé, la projection des courbes des ventes, région par région. Les cheveux noirs, coupés à la garçonne dégageaient un long cou sans la moindre ride. Je l’observais à la dérobade, captivé par son menton volontaire et ses lèvres dessinées avec art, d’un beau rouge glossy. Je pouvais voir, chaque fois que je m’appuyais contre mon dossier, sa jupe noire, plissée, remontée bien au-dessus des genoux. Ses bas, ou son collant, de toute évidence de grande marque, lui gainaient les jambes à la façon d’un écrin dévoilant une perle noire. Elle portait un chemisier en soie grège, sans manches, largement échancré. Je pouvais me gaver les yeux à chaque fois qu’elle avançait le bras pour écrire, d’une bande transparente de nylon cassis et de l’amorce du bonnet en dentelle qui semblait contenir un sein aux belles courbes. J’eus une pensée crétine en me souvenant du texte sur une boite d’escargots supposés être « d’une belle grosseur ». Je commençais, malgré moi, à sentir une réaction dans mon pantalon. Oui, cette Eva, si près de moi que je sentais ses ondes de chaleur, était une femme bandante… - Bien, on s’accorde une petite pause, ensuite on attaque les prévisionnels, secteur par secteur Un percolateur sur une table près de l’entrée de la salle distribuait du café, les amateurs de thé pouvaient aller se faire voir. J’attendis qu’Eva se serve, debout derrière elle, à une distance que les bonnes mœurs auraient réprouvé, pour respirer à fond son parfum sucré, mélangé à une odeur corporelle suave qui lança un signal violent à mes sens exacerbés Je me mis à bander au point que cela devint douloureux. Je me servis et suivis Eva qui regagnait sa place. - Alors, cette première réunion de marketing n’est pas trop stressante ? Elle se tourna et me fixa dans les yeux. Ses lèvres s’écartèrent pour dévoiler des dents superbes. - Non, pas du tout, j’en ai connu d’autres. Que lui dire pour l’accrocher, retenir son attention ? - En dehors du marketing, tu as des loisirs ? C’est quoi ton truc préféré ? Un petit sourire narquois plissa sa bouche de gourmande, le bout de sa langue d’un rose magnifié par l’éclat profond de ses lèvres fit de courts va et vient entre des dents aussi blanches, aussi bien alignées que des touches de piano. Son regard plongea dans mes yeux, avec une telle intensité que je fus certain qu’elle n’ignorait rien du tissu distendu de mon slip. - C’est quoi mon truc préféré ? Eh bien je baise. On dit que dans certaines circonstances le sang reflue jusqu’aux doigts de pied. C’est exactement ce qui m’arriva. J’en oubliai de respirer, attentif aux cognements brutaux de mon cœur et de mon sexe en ébullition. Moi je baise, dit de la même façon que si elle avait remarqué « Pas mal ta cravate ». Et ce sourire narquois ! Le sang bouillonnait dans mes artères et mes veines. Je n’entendis rien des prévisionnels, les pensées totalement confuses, incohérentes. Moi je baise, c’était une invitation, non ? J’eus la sensation d’être divisé en plusieurs parties, devenues chacune indépendante. Ma tête se trouvait plongée dans un remous tumultueux, mon sexe prisonnier se faisait sentir par de grands élancements, ma main droite partait à l’aventure, sous le plateau de la table de conférence. Elle se posa sur la cuisse droite d’Eva qui écarta sa jambe dans ma direction. Sa main se posa alors sur la mienne, la saisit pour la reposer fermement sur ma jambe. - Du calme… Plus tard… Je sentis que le directeur du marketing m’observait. Il m’interrogea, d’un air soupçonneux : - Et votre prévisionnel Delmotte ? Je croyais le recevoir hier. Je l’attends, vous m’entendez ? Vous ne vous sentez pas bien ? - Euh… plus tard monsieur, je vous le donnerai un peu plus tard… Il haussa les épaules et revint vers le tableau des statistiques. Je n’entendis plus grand-chose de l’exposé final. Les yeux mi-clos je respirai l’odeur d’Eva, le subtil mélange de parfum et de cosmétiques, avec en plus… oui, une odeur de femelle… - Bien, assez travaillé, vous pouvez aller vous détendre et on se retrouve à vingt heures pour le diner. Un groupe décida de s’installer au bar, d’autres voulurent respirer les effluves d’un printemps précoce. Eva se dirigea vers les escaliers pour gagner sa chambre, ce qui m’excita encore plus. La Direction avait choisi un petit hôtel, entièrement réservé à notre groupe, sur deux étages. Planté au milieu de jardins et d’espaces boisés, il devait garantir calme et sérénité ainsi qu’une saine émulation. Toutes valeurs à des années-lumière de mon état de grande fébrilité. Eva monta les escaliers, à mon côté, les reins cambrés, avec sa jupe qui se balançait sur ses jambes en une caresse des plus sensuelle. Je collai mes pas aux siens, broyé par l’attente, par l’extase que j’allais vivre. Sa jupe se balançait à chaque marche, d’avant en arrière, avec l’ourlet se relevant, comme un salut. Chaque marche générait la douce musique du tissu contre le nylon de ses jambes, et c’est à moi que ce bonheur revenait ! J’eus à peine tourné la clé qu’elle m’avait tendue, dans la serrure de sa porte, qu’elle me poussa, pour ne pas être vue de collègues, j’imagine. Je la pris dans mes bras dès la porte refermée. Nos langues se cherchèrent pour se trouver et entreprendre une lutte d’occupation du terrain. Mes mains, un peu folles couraient dans son dos, sur ses hanches et le rebond de ses fesses, fermes au toucher. Trop collée contre moi je ne pus saisir un sein et me contentai de savourer la pression de la rondeur aux pointes durcies. De la hanche ma main glissa sur sa cuisse et voulut forcer son chemin vers son entrejambe. Elle gémit, serra les genoux et éloigna ma main. - Déshabille-toi, je reviens tout de suite. Haletant, le sang sous pression, je la regardai s’éclipser dans la salle de bain. Elle tourna la tête juste avant de fermer la porte et m’envoya un baiser silencieux. L’odeur de son parfum imbibait toute la chambre. Un collant roulé en boule et un soutien-gorge occupaient la chaise devant la petite table de travail. Je restai là, indécis, les bras ballants. Une bouffée de chaleur me monta au visage. Jamais, jusqu’à présent, je n’avais été confronté à pareille situation. Je n’allais tout de même pas m’en plaindre ! Je baignai encore dans une douce euphorie sans me rendre compte que mes doigts avaient travaillé à mon insu. Je n’avais plus que mon slip et mes socquettes à enlever. Mon sexe se dressa et vint frapper mon ventre. Je bandais tant que la peau avait glissé du gland pour se loger à sa base en plusieurs petits bourrelets. Des bruits d’eau me parvenaient de la salle de bain. Eva chantonnait. Me glisser sous les draps et attendre ? La tête du lit se trouvait sous le plan incliné du plafond habillé de lambris, avec un Velux juste au-dessus des oreillers. L’eau continuait de couler dans la douche, que faisait-elle si longtemps ? Je commençai à me trouver ridicule, debout au milieu de la chambre, mon sexe maintenant à l’horizontale, avec tendance à pointer vers le bas. J’allai m’agenouiller sur le lit et m’installai le mieux possible, menton posé sur les mains à plat, bras écartés sur le cadre du Velux entrouvert. Le papy repiquait ce qui ressemblait à de la salade, dos cassé, fesses pointées vers le ciel. La brune au short moulant déployait maintenant un déshabillé gris perle, bordé de dentelle vaporeuse. Je me concentrai sur le short plein à craquer aux coutures, je l’imaginai se tortiller pour le faire descendre sur ses chevilles. Elle pliait les genoux et enfilait une culotte fendue d’où dépassait une belle touffe de poils luisants. Ma queue se redressa. Je ne compris pas, alors, le subit balancement du matelas qui me fit écarter les genoux pour retrouver de la stabilité. Une main ferme se saisit de mon sexe et le plongea dans une bouche affamée. Eva avait quitté la salle de bain, sans bruit, ou alors j’avais été trop absorbé par le spectacle du jardin, s’était glissée sur le dos et d’un coup de reins avait passé la tête et les épaules entre mes cuisses écartées. Cette sensation brutale par sa soudaineté me coupa le souffle. Eva s’activait avec une détermination féroce. Elle me glissa jusqu’au fond de sa gorge en me branlant par saccades en même temps qu’elle me triturait les couilles. J’aurais tant voulu que cela dure, mais Eva savait ce qu’elle voulait et le montrait. Elle me sortit de sa bouche, juste le temps d’exiger sur un mode plaintif : - Donne-moi tout, donne-moi toute ta crème… Elle m’aspira alors le gland pour l’emballer dans sa langue et me tira les couilles en les faisant tourner entre ses doigts. La volonté d’Eva fut la plus forte, je ne sus pas résister. Mais le voulais-je vraiment ? Le premier jet explosa alors qu’elle me branlait plus fort, plus vite pour recevoir une deuxième giclée. Des grognements de contentement montèrent de sa gorge. C’était trop, trop fort. Mes genoux cédèrent et je m’affalai sur le visage illuminé par un violent plaisir d’une Eva fière du résultat. Gérard Stell

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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 15:23
COLONEL SCHTRAMERMAX

Les services de l'Otan ont prévenu le "Vieux". Les chinois continuent la construction de la Muraille de Chine sous terre. Le chantier se trouve déjà sous les Alpes autrichiennes. Il faut agir, vite! Le "Vieux" confie donc cette mission d'une importance totale à son meilleur agent de terrain. Il s'agit du renommé colonel Schtramermax secondé efficacement par l'agent spécial Boud'Gras. Vous allez frémir avec ces deux hommes magnifiques!

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Vous y trouverez aussi:

Schtramermax contre les Bimmbels

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 07:54
Les Vieux

Le soleil des Increvables

~~Le soleil des increvables Prologue Inquiétant, fourbe, dangereux. Criminel, disaient certains membres de la petite pègre de Vincennes et de Saint-Mandé. La hargne des commentaires dissimulait à peine la jalousie et l’envie. Captivant, ensorceleur, bouleversant… Magique, soufflaient certaines. Les voix s’étranglaient dès les premiers mots. Une émotion incontrôlée prenait le dessus. De la bonne qui croyait encore au Prince Charmant, à la bourgeoise la plus guindée qui ne croyait plus à rien mais qui rêvait volontiers à des étreintes passionnées, l’unanimité des victimes consentantes dressait un front uni. Comment la nature, généralement moins magnanime avait-elle pu se montrer si prodigue ? Il tenait de sa mère le cheveu dru, d’une épaisseur souple, couleur aile de corbeau zébré de reflets bleus métalliques. Il devait aussi à sa mère des lèvres pleines, ourlées, aux commissures légèrement tombantes qui pouvaient en une fraction de seconde signaler un appel sensuel ou le mépris et la colère. Sa mère l’avait adulé, sans la moindre retenue. Tu tiens de ton grand-père Vladimir lui avait-elle souvent répété, un grand-père qu’il n’avait jamais connu. C’est de lui aussi qu’il tenait son corps élancé, des épaules carrées, une taille étroite et une démarche légère. Il ne passait pas inaperçu, inspirait un émoi brutal auprès des femmes et le respect envieux des voyous du sud-est parisien. Ce sont ses yeux, les yeux du grand-père qui faisaient l’objet de tant de controverses pour les uns, de vénération pour les autres. Les sourcils épais et les longs cils noirs soulignaient encore plus le bleu myosotis de l’iris ainsi que les paillettes d’or visibles dans les contractions des pupilles bleu océan. C’est le mystère envoûtant de ce regard qui l’avait amené jusque-là, bien malgré lui. Très jeune, en fait dès l’âge de seize ans, son pouvoir sur les femmes lui fut révélé. Placé comme apprenti chez un limonadier de la rue de Turmel, non loin de la Porte des Allemands, il réussit à séduire dans ce quartier toute femme suffisamment inconsciente pour ne pas se dérober au regard si séducteur. Le boucher de l’angle de la Place des Charrons et de la rue Mazelle n’accepta pas la fatalité de son déshonneur très commenté dans le quartier et voulut se venger. Ceint de son tablier taché de traces rouges, il pénétra dans la cour du limonadier et tomba nez à nez sur l’amant de sa femme. Celui-ci comprit immédiatement le danger de la situation. Le boucher dérapa sur de la glace pilée, sembla osciller puis se rattrapa à la roue d’un tombereau. Il poursuivit le garçon, un hachoir dans une main, un couteau à désosser dans l’autre, traversa la Place Mazelle sous les yeux incrédules des joueurs de boule. Il continua ainsi jusque devant les grilles, le long du talus de chemin de fer, à la hauteur du Passage de Plantières. Le pourchassé sauta par-dessus les pointes de la grille en ne prenant qu’une seule fois appui sur les barreaux. Le hurlement de rage qu’il entendit derrière lui, le rassura. Le boucher, victime de sa corpulence, devait se contenter de courir sur le trottoir parallèle aux grilles, et de là, il ne pouvait pas lui faire grand mal. L’apprenti se rapprochait maintenant des hautes structures de la gare de Metz et de ses nombreux quais, évaluant la façon la plus sûre de s’échapper à la vengeance du cocu. Le temps que celui-ci entre dans la gare, choisisse au hasard un accès aux quais et se décide de courir dans une direction ou une autre, il serait déjà loin, dans le bas des rues du Sablon. Il jeta un regard en contrebas, étonné de ne plus entendre le martèlement des talons du boucher sur le trottoir. Il fit un bond de côté sur la voie et s’arrêta brusquement. Ce qui lui sauva certainement la vie. Le hachoir froufroutant dans l’air lui frôla la joue pour se planter dans une traverse. Le boucher avait escaladé le mur après le château d’eau, et de là, sauté sur le talus. Il n’était plus qu’à une douzaine de mètres, un poing battant l’air, comme s’il enfonçait un clou, le couteau à désosser dans l’autre main tendue en avant. - Attends petit salopard ! Tu ne peux plus m’échapper ! Je te jure que je vendrai tes roubignolles demain matin, dès que j’en aurai fini avec toi !

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 09:12
Sexe au bureau

~~Sexe, mohair et télex

- Vous leur envoyez un télex de confirmation pour qu’ils prennent leurs dispositions. Prévoyez une soirée au Moulin Rouge, ils adorent ça.

Le téléphone sonna sur le bureau du Directeur, à cet instant. Le patron s’en saisit, fronça les sourcils, puis sourit et me lança un regard convenu. Il approuva.

- Oui, très bien. Justement on parlait de vous et de l’organisation de votre visite. Comment ? Ah, écoutez, je vous le passe et vous vous entendrez avec lui.

Non, non ! Il ne va pas me tendre son téléphone ! Le Directeur avait tendance à postillonner et son téléphone dégageait une odeur aigre qui me révulsait l’estomac. Je pris le combiné en tenant la partie micro éloignée, et en parlant avec mon client libanais, pratiquement en apnée. Ce fut avec un plaisir écœuré que je reposai le combiné.

- Bien, vous vous débrouillerez avec eux, envoyez le télex maintenant, sans oublier le règlement sur une banque française.

- Je vais m’en occuper à l’instant, monsieur. Le texte fut rapidement rédigé, avec toutes les indications sur le cadre financier de notre contrat. Les télex étaient envoyés par la standardiste, assise à l’accueil. Une pièce derrière le standard contenait le télex, une tireuse de plans, une table et une armoire à plans. Une porte donnait sur les toilettes.

- Tiens, j’ai un télex à envoyer, tout de suite.

- J’en ai d’autres en attente, je ne vais pas tout laisser tomber pour toi, parce que tu le demandes. - Ne fais pas la mauvaise tête Marlène, je peux patienter quelques minutes.

- Ah, tu as l’intention d’attendre ?

- Eh oui, je pourrai te regarder, t’admirer. Je n’ai jamais eu le temps de le faire. Tu sais comment c’est, toujours sous pression.

- Ce n’est pas en me flattant que ça ira plus vite.

De taille moyenne, cheveux châtain clair, ondulés, yeux noisette, Marlène offrait aux regards une jolie silhouette. Un sourire ironique répondait aux compliments du personnel ou des visiteurs. Elle se leva pour aller s’asseoir sur le tabouret devant le télex, mais, consciente ou pas de ma présence, elle accentua son déhanché depuis le standard, jusqu’au télex. Sa jupe plissée, noire balançait sur ses mollets fuselés par le port de hauts talons. Sa poitrine, avec un bel arrondi tendait un pull gris, en mohair.

- Donne-moi ton texte .

- Je croyais que tu en avais d’autres en attente ?

- J’ai dit ça pour te faire marner.

Je m’approchai d’elle, presque à la toucher, pendant qu’elle préparait la bande perforée. Mon bras toucha son épaule, en m’appuyant des deux mains sur la table du télex. Je rapprochai mon visage de sa tête, attiré par sa chaleur et les odeurs mélangées de cosmétiques et d’un parfum fleuri. Je dois dire que je m’étais toujours contenté de saluer Marlène, au passage, sans plus. Mais cet après-midi-là, cette proximité physique, cette odeur capiteuse de femme m’émoustilla. Je passai le bout des doigts sur son bras.

- Mm, que c’est doux… Elle leva les yeux de son clavier et me regarda, un regard perplexe.

- C’est du mohair, au prix que je l’ai payé, il a intérêt à être doux. Alors, j’eus un geste déterminant. Je glissai ma main sous son bras et effleurai le contour du sein.

- Oh, tu n’es pas bien ?

- Au contraire, mais je ne résiste pas à tant de douceur. Elle me fixa dans les yeux.

- Tu achètes le même pull à ta femme, tu verras, c’est pareil.

- Mais non, ça ne serait pas pareil, elle ne te ressemble pas.

Ma main, tout en parlant, suivit avec une légère pression l’arrondi du sein. Marlène soupira, excédée.

- Tu arrêtes ? Tu joues à quoi là ?

Je dois avouer que je venais de découvrir à l’instant, mon envie pour cette femme. J’étais prêt à dire n’importe quoi.

- Je ne joue pas, ça fait longtemps que tu me plais, que tu me plais beaucoup. Je te regarde et te dévore des yeux depuis des mois.

Elle me dévisagea, troublée, indécise. J’en profitai alors, en la fixant droit dans les yeux. Ma main saisit complètement le sein gauche. Ce toucher provoqua une explosion qui m’irradia des pieds à la tête. Marlène n’avait pas réagi, seuls ses yeux et ses narines pincées accusèrent le coup. Elle secoua la tête, incrédule. - Je crois bien que ça suffit, je suis mariée, toi aussi, alors, stop. Elle se leva, contourna la table entre la tireuse et l’armoire à plans. Je lui barrai le passage et la saisit par la taille. - Tu es dingue ? - Tu me plais beaucoup, tu sais… Je la serrai contre moi. Nos corps s’épousèrent. Marlène ne pouvait pas ignorer mon érection. Un bras autour de sa taille, une main lui tenant la tête, je posai ma bouche sur ses lèvres. Elle ne me repoussa pas, mais n’ouvrit pas la bouche, malgré la pression de ma langue. J’insistai, je libérai sa taille et saisit un sein à pleine main. Ses lèvres s’entrouvrirent. Je sentis son bassin s’incurver, rechercher le contact avec mon érection qui avait pris un volume imposant. Il ne me vint pas un seul instant à l’idée que je faisais une folie, que n’importe qui pouvait arriver à l’accueil, et éventuellement passer la tête dans le local du télex. Je n’eus aucune pensée quant au risque insensé que je prenais. Que je risquais tout simplement ma place. Il n’y avait plus que les pulsions brûlantes dans mon sexe, les cognements de mon cœur, et le sang qui bouillonnait dans mes veines. Marlène prit ma nuque pour river sa bouche à la mienne. Je sentis sa

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 08:24
Les étrons

~~Requiem dans la garrigue Sa pointe magnifique se dressait, fière et orgueilleuse, elle tenait tant à se démarquer des autres. Elle dominait un demi-cercle nonchalant, ramassé sur lui-même, tout en arrondi. Des pas pressés martelèrent la poussière de la sente. Une branche sèche craqua. Le cliquetis d’un ceinturon ouvert à la hâte troubla le sous-bois. Une ombre criminelle, interminable, descendit sur la malheureuse, l’écrasa d’un gros boudin en forme de colimaçon en même temps que résonnait un han! rageur. Il y eut un immense éclat de rire parmi les anciens, ceux qui étaient déjà cuits et recuits par la chaleur brûlante du soleil de Provence et qui n’avaient plus rien à craindre. Les derniers venus tentèrent de rire aussi mais un frisson de peur les contracta. Ils étaient trop frais, trop en avant, et risquaient à tout moment de subir le sort de l’avocate. L’ombre se redressa en soupirant d’aise puis émit un chapelet de jurons. Le groupe du printemps admira sans retenue le nouveau, encore lisse, mollement étendu entre deux pieds de thym. Ils retenaient leur souffle, la larme à l’oeil comme à chaque fois où ils assistaient à une nouvelle naissance. Oubliée déjà l’avocate, raplatie, collée à la semelle en cuir du dernier visiteur et répandue en traînées furieuses. Émus par tant de fraîcheur, tant de beauté, ils n’osaient encore pas questionner leur visiteur qu’ils devinaient de belle extraction. Marcel de la RATP murmura à Ernest vendeur dans une quincaillerie de Lille, - Tu as vu son grain? Quelle finesse! Sûrement pas n’importe qui... Quelle élégance dans le mouvement... Crois-tu qu’on puisse le tutoyer? Ernest, accroché à sa touffe de plantain depuis la Pentecôte, contempla longuement son corps troué par les mouches et les scarabées, desséché par trois semaines de soleil implacable. - Je ne pense pas. On va plutôt attendre qu’il parle le premier, on ne sait jamais des fois qu’il se vexerait et voudrait faire bande à part. - De toute façon sa fierté ne durera pas, voilà déjà ces sales bêtes! Une grosse mouche arriva, bourdonna sur place, le temps que les milliers de facettes de ses yeux prennent la pleine mesure du festin. Des éclairs bleutés dansaient sur son abdomen velu et rebondi. D’autres arrivèrent, un ballet méthodique allait commencer. - Les abominables monstres, souffla Ernest... Un ricanement aigrelet fusa de derrière une croupe d’herbe jaunie. - Dis plutôt que tu es jaloux, que tu regrettes ton succès du premier jour! Eh oui, envolée la fringante allure! - Tais-toi vieux fou, tu n’as jamais su plaire et tu dois bien souffrir en voyant ce que seuls tes rêves peuvent imaginer. Le ricaneur se tut. Depuis le temps... Depuis quand était-il là? Depuis Pâques? Il avait complètement oublié ses origines, perdu forme et couleur. La prochaine averse sérieuse le fondrait et il sera happé par le sol goulu. Il en avait vu arriver de toutes sortes, des petits maladifs ne tenant pas ensemble, des gros qui s’affalaient de tout leur poids, des ratés qui avaient immédiatement coulé entre les pierres. Il pouvait se flatter d’avoir admiré quelques chefs d’oeuvre, comme le dernier arrivé. Certains, mal exposés, s’étaient flétris au soleil, d’autres mal placés furent écrasés ou décapités par des pieds pressés et sans scrupules. Il y avait de quoi grincer des dents et se révolter... Après avoir été chaudement dorlotés, choyés dans un calme obscur, être abandonnés à toutes les intempéries, à toutes les humiliations, le plus souvent dans des endroits infâmes! Le vol de mouches repues s’éleva lourdement, comme à regret. Le nouveau venu avait perdu de son brillant soyeux, ses couleurs alors si fraîches laissaient la place à un terne affligeant. C’est ce qui décida Ernest à demander sur le ton de la conversation, - Qui es-tu? Toute la congrégation retint son souffle. Certains se désolidarisèrent de ce vendeur par trop familier. Il est vrai que l’endroit alignait du beau monde, bien que ce compagnonnage ne fut que le résultat forcé d’une envie pressante. Un vrai melting pot! A gauche, un député socialiste, parvenu, manifesta sa désapprobation en fixant le sommet d’un chardon. A droite, un médecin généraliste l’imita ainsi qu’un évêque placé judicieusement par le hasard entre ces deux notables. D’autres semblaient vouloir soutenir Ernest. Un syndicaliste remarque avec un bon sens terrien, - Non mais, écoutez-moi moi ces deux là, qu’est-ce qu’ils se croient? On dirait qu’ils ne se souviennent pas d’où ils sortent! Vous n’avez pas cherché à savoir qui était déjà présent quand vous êtes arrivés, et pour cause, l’urgence commandait! Un philosophe de salon, encore récent, s’adressa à une directrice de société, seule représentante de la gent féminine après la tragique disparition de l’avocate. - Que pensez-vous chère Chloé de ces chamailleries? Ils se démènent, se surveillent, se jalousent et ce provocateur vient parler d’égalité! Dans quel monde vivons-nous! Une moue distinguée incita le mondain à poursuivre,

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 17:01
L'aveugle assassin

~~L’aveugle de la fontaine Il était arrivé là sans s’en rendre compte, il ne savait pas d’où il venait en fait, il s’en moquait presque. Tout son être se rebiffait rien qu’à l’idée d’être rattaché à un passé. Il n’était pas effrayé, à peine étonné, surtout songeur. Ce qui l’impressionnait le plus, c’était ce silence amplifié encore par le crépitement continu de la fontaine. Décontenancé, un peu mal à l’aise, il fit quelques pas et regarda autour de lui. La grande place au milieu de laquelle il se trouvait, ainsi que les rues qui y débouchaient, lui étaient totalement inconnues. Il haussa les épaules. Je suis autre part, pensa-t-il, étonné par une constatation aussi curieuse. Il n’était certain de rien mais admettait volontiers que tout cela était réel, qu’il ne rêvait pas, d’ailleurs, il avait trempé sa main dans la fontaine pour en sentir la fraîcheur. Il haussa de nouveau les épaules et voulut descendre du trottoir pour emprunter la première avenue juste en face, mais il recula brusquement comme si les pavés de la place lui avaient brûlé les pieds. Il remarqua enfin l’étrange agencement de la chaussée. Une immense spirale faite de deux bandes accolées de pierres noires et blanches semblait s’élancer de très loin et s’approcher en accélérant son mouvement pour venir se précipiter pareil à un tourbillon sous la fontaine. Il écarquilla plusieurs fois les yeux pour tenter de contrôler cette image mouvante. Il avait beau se répéter qu’il n’était pas de ceux qui se laissent facilement impressionner, mais la place, les avenues désertes commençaient malgré toute sa volonté à glacer ses veines. Il se mit à haïr le chant de l’eau claire, il regarda la fontaine en ennemie, en amas de pierres douées d’une obstination nuisible. Etait-ce son imagination ou alors entendait-il vraiment des rires moqueurs s’échapper des bulles nerveuses et pressées? Ses pas le conduisirent de l’autre côté de la haute vasque moussue, et là, il éprouva un choc : il n’était pas seul. Un vieillard, apparemment aveugle, agitait une assiette vide. Il ressemblait à tous ces aveugles mendiants que l’on peut rencontrer n’importe où. Pourtant, malgré ses vêtements rapiécés et sa barbe sale, jaunie autour de la bouche, toute son attitude semblait empreinte d’arrogance. Le bras tremblant cessa de s’agiter. - Me feras-tu l’aumône? demanda l’aveugle sans se détourner. Au lieu de se sentir soulagé de rencontrer enfin un être humain, l’étranger éprouva une grande horreur, une peur animale. Il sortit cependant son portefeuille et tendit un billet. - Tiens, mais dis-moi où je me trouve, dis-moi que tout ceci n’est pas vrai! Le vieillard prit le billet, le fit craquer entre ses doigts puis l’enfouit dans sa poche. Un léger sourire se devinait entre les poils de sa barbe. Il ne répondit pas jusqu’à ce qu’il perçoive des mouvements d’impatience chez son donateur. - Je ne suis qu’un vieil homme aveugle... Que veux-tu que je te réponde? Je suis ici, c’est tout. - Moi aussi je suis ici! s’emporta l’étranger, je ne le sais que trop! Mais ces rues, cette place ont un nom, tu dois bien le savoir, tu n’es pas arrivé ici par enchantement! Un rire sans joie secoua l’aveugle. Sa voix adoucie par la pitié se confondit avec le bruissement de l’eau sur les vieilles pierres. - Et toi mon garçon, comment es-tu arrivé ici? L’agressivité de l’étranger s’estompa. Il demanda humblement en baissant le ton, - Que fais-tu ici? Qu’attends-tu? Nous sommes seuls, c’est un véritable désert qui nous entoure, une ville morte... Sais-tu au moins qui tu es? - Si je te le disais, me croirais-tu? Écoute, écoute bien et réfléchis... Je me suis crevé les yeux, oui, volontairement pour sauver ce qui me restait de raison... Tant que je serai à l’ombre de la fontaine, je pourrai conserver l’espoir d’une autre vie, d’une vie peut-être pas meilleure, mais d’une vie à moi, d’une vie de paix. Le bruit de cette eau est mon salut... Ce sera le tien aussi... L’étranger frissonna. Il pensa avoir à faire à un fou, pourtant les battements de son cœur semblaient résonner si fort dans le silence effrayant qu’il aurait accepté n’importe quoi, n’importe qui, mais pas de se retrouver seul. - Un homme normal ne se crève pas les yeux, tu radotes. La vue est un don de la nature, as-tu encore toute ta raison? - Écoute et tais-toi ordonna l’aveugle. Ecoute-moi sans m’interrompre, ensuite tu tenteras ta propre expérience. Tu n’es malheureusement qu’un homme et tu te crois plus fort, comme j’ai cru l’être... J’ai eu une vie sans éclat, sans grandes peines, sans grandes joies, puis un jour, je me suis retrouvé ici, seul... Comment? me diras-tu, je ne sais pas. Peut-être qu’à force de toujours souhaiter autre chose, d’être insatisfait, le sort nous amène à vivre d’étranges événements... Qui es-tu? D’où viens-tu? Qu’importe! J’ai voulu connaître ces avenues, il y a longtemps, je voulais vivre autre chose, ailleurs, enfin! Il me fallut toute ma volonté pour traverser cette place, ensuite, j’ai vu, j’ai vu pour mon plus grand malheur tout ce que je devinais mais ne voulais pas admettre... Impatient, l’étranger supplia le vieillard de continuer son récit. Courroucé, celui-ci frappa le trottoir de son bâton. Sa voix s’altéra, son débit augmenta comme s’il voulait se débarrasser au plus vite de souvenirs pénibles. - J’ai couru jusqu’à l’avenue face à moi. Pourquoi celle-ci plutôt que celle-là? Elle paraissait déserte et silencieuse de loin mais plus je m’en approchais et plus je A suivre

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 10:14
Noël...

Joyeuses et excellentes fêtes de fin d'année! J'ai aussi une pensée émue pour toutes celles et tous ceux qui se réjouissent de se trouver le 2 janvier. La grande vague d'hypocrisie et l'étalage des vanités appartiendront au passé, pendant 12 mois!

Merci à tous ceux qui m'ont suivi, que 2016 vous soit favorable!

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 10:18
Schtramermax, sauveur de l'Occident

~~Schtramermax Sauveur de l’Occident La Muraille de Chine

Mise en garde : On ne parle jamais des véritables services secrets. Pourquoi ? Car ils doivent rester secrets ! Cependant, ma formation et mes antécédents m’ont permis de pénétrer dans le saint des saints et de découvrir avec étonnement et admiration, l’arme fatale et ultime de notre pays. Pour des raisons évidentes de sécurité, noms, lieux et dates aussi, ont été modifiés. Si des puissances étrangères se sentaient visées ou stigmatisées, les situations décrites ne seraient que pure coïncidence. J’assume seul, tout ce que je dévoile. J’ai décidé de prendre ce risque pour qu’enfin vous éprouviez de la fierté, fierté de connaître vous aussi le Colonel Schtramermax. Ah oui, n’oublions pas l’agent spécial Boud’Gras. Les préparatifs La tablette numérique de dernière génération annonça par trois notes d’accordéon, l’arrivée d’un message sur la fréquence secrète, réservée aux abonnés absents. L’agent spécial Boud’Gras faisait le tri dans les innombrables dosettes de café, à la recherche de la préférée du patron. Il la trouva enfin, la jaune citron, parfumée à la réglisse de Sicile. La voix de Schtramermax retentit, claire et limpide dans le caveau recouvert de neige. - Je crois bien que ça y est Boubou. Le Vieux nous fait savoir qu’on va bouger. As-tu vérifié nos paquetages ? Nous devrons faire un crochet par la cellule de crise de l’OTAN, où nous recevrons les dernières instructions. - Vous m’étonnerez toujours patron, vous parlez du Grand Chef comme si vous étiez à tu et à toi. D’ailleurs, pourquoi le Vieux ? Son appendice nasal regarni de terminaisons olfactives plus modernes, le fidèle agent Boud’Gras (l’apostrophe dans le nom vous sera expliqué plus tard), promu depuis l’affaire des Bimmbels (même collection : Schtramermax contre les Bimmbels) agent spécial 70, aimait s’indigner. Il aimait montrer son respect pour la hiérarchie, de la façon la plus éhontée du parfait fayot. - Calmos, agent Boud’Gras. Nous autres, agents secrets, nous avons tous un Vieux pour chef. C’est la tradition. Mais trêves de cancaneries de vieilles femmes, dis-moi plutôt ce que tu penses de ma culotte tyrolienne, c’est seyant ? Dis-le-moi, veux-tu ? Boud’Gras baissa la tête, bien décidé à ne pas répondre. Une jalousie maladive le rongeait, des paroles à l’amertume de la bière de mars, fermentaient sur le bout de sa langue. - Alors mon Boubou, tu ne dis rien ? Schtramermax admira sa silhouette corrigée par un miroir redresseur de bosse. Sa belle culotte en cuir de vachette vierge, brodée d’edelweiss, bravement remontée au-dessus de rotules imberbes, en jetait. Vraiment. Il avait commandé à la section « Actions » du Ministère

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 09:06
Sang, ébène et acier

LE CŒUR DANS L’ÉBÈNE Première partie LA NUIT DE LA GAZELLE

Le soleil se décolla lentement de la ligne d’horizon et embrasa la savane. La trêve tacite inscrite dans la mémoire des temps fut rompue autour de la mare boueuse, à l’est du grand épineux. Fatigué, malade, le vieux gnou ne vit pas sa mort venir. La lionne lui broya les vertèbres d’un seul coup de gueule. Très loin, plus au sud, la forêt tropicale exhalait ses premiers souffles de brume, avant de se figer sous le ciel plombé. Le bulldozer avait déjà percé un long tunnel dans le mur végétal sans pour autant apporter plus de lumière. Des nuées d’insectes tourbillonnaient sur la lame, croyant pouvoir l’arrêter. Les chenillettes s’enfonçaient dans l’humus juteux et le rejetaient en mitraille dans les feuillages aux alentours. Elles patinaient parfois dans une bouillie de sève et de jus verdâtre. Après un court emballement du moteur, l’engin reprit sa lente progression en crachant un nuage de fumée bleue emprisonné aussitôt par la voûte humide. À présent, l’espace sous l’arbre était bien dégagé. Le tronc lisse et vierge de tout parasite de l’ébénier se dressait comme une colonne antique à la gloire d’un dieu de la forêt. Dans le campement écrasé par la formidable épaisseur feuillue, les halos 8 saccadés des lampes à pétrole projetaient des ombres mouvantes. De l’opacité de la nuit et de la forêt s’éleva le chant confus d’un monde invisible. Le grand arbre se prépara. Dans le nord du pays, le clair-obscur proclama une nouvelle trêve près de la mare. La gazelle s’abreuva, les naseaux frémissants, les oreilles rabattues. Elle aussi entamait sa dernière nuit. Des gémissements ténus se répondirent, suivis par une plainte sourde, puis un temps de silence immobile. La forêt ne bruissait plus, la forêt retenait son souffle. Un grondement de colère jaillit de la plaie noire. Le tronc et les branches basses frémirent. Un autre silence, plus lourd, proche du sanglot étouffé fusa. Le tronc s’écarta imperceptiblement de sa verticale, sembla hésiter sur le chemin de sa mort, puis amorça sa chute. Il vacilla dans une lenteur digne, se révolta ensuite pour s’élancer, pris de rage, en pulvérisant feuillages, troncs et branches. Un brouillard de débris végétaux fut happé du sol et brusquement s’illumina en pluie d’or, frappé par le ciel. Un doigt oblique de soleil glissa le long du mastodonde sacrifié et se perdit dans la densité des cimes. La trame de l’épais tissu de la veste s’ouvrit sous le choc. La peau céda sans résistance. Je baignai aussitôt dans le chaud gargouillis du poumon transpercé. Je ressortis en faisant chanter mon fil sur une côte, poursuivi par une mousse de sang écarlate. La pression nerveuse de la main qui me serrait se relâcha, se fit plus douce et flatta le beau bois de mon manche. Un rapide mouvement sur une étoffe me rendit mon éclat. La pulsation du cœur de mon maître venait s’écraser par vagues jusqu’aux extrémités de ses doigts

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 10:30
Vers le froid...

J'ai négligé mes abonnés, c'est vrai. La cause? Mon déménagement de Saint Raphaël vers les Vosges. Mon installation sera bientôt terminée et je pourrai me consacrer de nouveau à mon écriture... Un peu de patience...

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  • : Ce blog a pour but de me rapprocher de mes lectrices et lecteurs, de communiquer toute la fantaisie de mon imagination, qui, soyez en convaincus, ne veut pas connaitre de limites. Romans, nouvelles sont disponibles sur Amazon Kindle. Je vous parle également de mes activités de volontaire bénévole au sein des CCFF de Fréjus. Une visite de Metz et de ses environs, cadre de mon enfance, s’imposait, ainsi qu’un détour par un petit coin attachant des Vosges.
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